Guide pour les professionnels de la santé œuvrant
auprès des familles immigrantes et réfugiées

La santé des adolescents immigrants, partie 1 : historique et contexte

Faits saillants

  • Une forte proportion de jeunes canadiens est composée d’immigrants qui ont des besoins de santé particuliers.
  • En plus des réalités propres à la plupart des adolescents canadiens, les processus d’adaptation, d’intégration sociale et de développement de l’identité influent sur la santé des jeunes immigrants récents.
  • Les déterminants sociaux de la santé recoupent les influences que peut avoir la migration sur la santé.
  • Certains facteurs de risque et facteurs protecteurs ont également une influence sur la santé.
    • Les facteurs de risque incluent le statut de réfugié, les traumatismes et l’exposition à la violence, le stress causé par l’acculturation, les différences de croyances culturelles entre les parents et les enfants, les familles monoparentales, la discrimination et la marginalisation sociale.
    • Les facteurs protecteurs incluent les familles intactes, un solide sentiment d’identité au sein de la famille et à l’école et une stratégie d’acculturation « intégrée » (c’est-à-dire que le jeune s’identifie à la fois à sa culture d’origine et à la culture canadienne).

Introduction

Les jeunes immigrants représentent une proportion importante des nouveaux arrivants au Canada :

  • En 2011, un nouvel arrivant au Canada sur trois avait moins de 24 ans.1
  • Environ la moitié d’entre eux arrivent d’Asie.2
  • La plupart des nouveaux arrivants âgés de 15 à 24 ans (79,8 %) proviennent d’une minorité visible.3

Ce module présente l’historique et le contexte des facteurs qui influent sur la santé des adolescents immigrants. Pour en savoir plus sur les priorités cliniques et les recommandations aux professionnels de la santé, voir La santé des adolescents immigrants, partie 2 : conseils pour les cliniciens.

Figure 1. Nombre d’immigrants néo-canadiens (résidents permanents) de 15 à 24 ans,
d’après la région d’origine, 20124

Figure 1. Nombre d’immigrants néo-canadiens (résidents permanents) de 15 à 24 ans, d’après la région d’origine, 2012 (4)

Les adolescents immigrants affrontent des difficultés particulières qui peuvent avoir des répercussions sur leur santé. L’adolescence est une période cruciale du développement, qui comprend le développement rapide du cerveau et des changements physiques, cognitifs et socioaffectifs précis qui se succèdent à diverses étapes du développement.5 Les tâches du développement importantes à l’adolescence sont :

  • l’acquisition d’un sentiment d’identité (personnel et camarades),
  • l’établissement de relations importantes,
  • l’acquisition d’habiletés pour affronter le stress et les difficultés de la vie.5,6

L’adolescence est également la période d’acquisition de comportements qui persisteront toute la vie et qui auront des conséquences profondes sur la santé physique et mentale à l’âge adulte.(5) De nombreux adolescents immigrants peuvent également faire face à des difficultés liées :

  • aux expériences de leur migration et de leur établissement sur le développement de leur identité;
  • aux éléments stressants de leur vie quotidienne, qui peuvent influer sur leur développement cognitif et physiologique;
  • aux comportements à risque pour la santé;
  • à l’exposition à des facteurs qui façonnent la santé de la population.

Les adolescents immigrants forment une population hétérogène dont la situation socioéconomique, l’éducation et le degré de soutien social sont diversifiés et variables. Les données en population doivent être interprétées avec prudence parce que les recherches sur de vastes groupes comme les « adolescents immigrants » ou même les « immigrants asiatiques » peuvent cacher d’importantes différences, particulièrement dans des sous-groupes marginalisés : jeunes ayant été victimes d’un traumatisme ou ayant vécu un conflit politique (p. ex., à titre de réfugiés), pauvreté, violence, racisme, discrimination et exclusion sociale.7

En milieu clinique, les professionnels de la santé devraient tenir compte de la période écoulée depuis l’arrivée de l’adolescent au Canada ainsi que de sa catégorie d’immigration (voir catégories d’immigrant) ou de son statut de réfugié. Ces deux indicateurs influent sur le degré d’acculturation ainsi que sur l’expérience de migration et d’établissement et peuvent aider le médecin à comprendre les raisons pour lesquelles la famille a immigré.

Définition
Adolescent : Personne de dix à 19 ans8
Jeune : Personne de 15 à 24 ans9
Première génération : Personne née à l’extérieur du Canada qui migre avec ou sans sa famille pour habiter au Canada
Génération 1,5 : Personne née à l’extérieur du Canada qui arrive au pays au milieu de l’enfance (entre six et 12 ans)10
Deuxième génération : Personne née au Canada dont au moins un parent est immigrant
Nouvel arrivant : Personne qui habite au Canada depuis moins de cinq ans

Pour obtenir des définitions des catégories d’immigration, voir Aperçu des immigrants et réfugiés au Canada.

Un adolescent immigré de Chine victime d’intimidation

Ben a été dirigé vers une clinique locale. Il est arrivé au Canada il y a environ un an. Ben habite dans une famille d’accueil canadienne et fréquente le secondaire, tandis que ses parents continuent de travailler et d’habiter en Chine.

À 15 ans, il est victime d’intimidation à l’école et se sent très seul. On se moque de lui à cause de son accent lorsqu’il parle français. Il a de la difficulté à se sentir « Canadien », mais ne se sent plus « Chinois ».

Ben est également victime d’intimidation par des élèves qui le croient gay. Il est bouleversé et doute de son orientation et de son identité sexuelles. Ben a récemment confié à ses parents qu’il était peut-être gay, ce que ceux-ci trouvent difficile à accepter. Ils lui ont répondu : « Nous n’acceptons pas ça dans notre famille. » Son père ne lui a pas parlé depuis un mois. Ben est anxieux et effrayé de parler à sa famille d’accueil de sa sexualité émergente, parce que ses membres ont fait des commentaires désobligeants au sujet des gays. Il se sent isolé et en détresse affective.

Questions à envisager

Quelles sont les principales préoccupations du dispensateur de soins?

  • Isolement social
  • Problèmes d’humeur et d’anxiété, surtout s’ils sont liés à la discrimination et au harcèlement
  • Difficultés liées au développement de l’identité : orientation sexuelle, identité raciale et ethnique et acculturation
  • Conflits et liens précaires avec les parents, probablement liés au décalage culturel
  • Statut d’étudiant « en famille d’accueil » (hors de la maison familiale), facteur de risque de relâchement des liens avec les parents

Quelles sont les étapes suivantes à envisager, adaptées à la culture?

  • Remplir une évaluation HEEADSSS ou SSHADESS pour évaluer les symptômes de santé mentale, la sécurité et le risque de suicide de Ben, y compris les facteurs protecteurs.
  • Fournir des conseils de soutien ou orienter Ben vers des ressources pertinentes en santé mentale.

Vers quels services Ben devrait-il être orienté?

  • Conseiller scolaire
  • Services de santé mentale adaptés à la culture : Thérapie individuelle, avec ou sans thérapie familiale (de préférence avec des membres de la famille en Chine par téléphone, avec l’aide d’un interprète)
  • Groupes de jeunes ou groupes communautaires destinés aux immigrants.
  • Groupes d’adolescents, organisation ou services aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres (LGBT)
  • Clinicien (de préférence, dans une clinique de santé de l’adolescent ou de santé mentale pour adolescents) qui assurera un suivi périodique et coordonnera ses soins

Points d’apprentissage

L’objectif consiste à accroître les facteurs protecteurs et à réduire les facteurs de risque de Ben sous tous les aspects : individuel, familial et communautaire. D’abord, Ben devra accepter de confier ses difficultés et accepter le soutien des personnes susceptibles de lui venir en aide.

Interventions individuelles

  • Effectuer une évaluation psychosociale confidentielle et systématique de l’adolescent, adaptée à son développement (HEEADSSS ou SSHADESS), particulièrement en cas d’inquiétudes psychosociales.
  • Valider les éléments stressants que vit Ben et le soutenir à cet égard : discrimination, harcèlement, conflits familiaux et questions sur le développement de l’identité.
  • Effectuer une évaluation de la santé mentale (y compris une évaluation de la sécurité) et offrir un traitement rapide ou le diriger vers d’autres services, au besoin.

Interventions familiales

  • Avoir une discussion confidentielle avec Ben au sujet de l’évolution de son identité sexuelle, particulièrement au sujet de la décision de divulguer ou de dissimuler la situation à sa famille biologique ou à sa famille d’accueil.
  • Si Ben accepte de divulguer son identité sexuelle et d’en discuter avec l’une de ses familles ou avec les deux familles :
  • Fournir de l’information et des ressources axées sur la famille en matière de santé mentale, de développement de l’identité et de développement de l’identité sexuelle chez les adolescents.
  • Préconiser un plus grand soutien de Ben à l’égard de l’évolution de son identité.

Interventions communautaires

  • Prendre contact avec le conseiller scolaire de Ben afin de discuter de stratégies pour réduire et gérer la discrimination et le harcèlement à l’école.
  • Aider Ben à nouer une relation avec un adulte empathique qui le soutiendra (comme un entraîneur, un mentor ou un travailleur auprès des jeunes), avec qui il peut faire de l’activité physique et parler de ses problèmes.
  • Orienter Ben vers des organisations communautaires qui favorisent les liens positifs entre jeunes et avec des adultes, ainsi qu’un développement sain de l’identité (raciale, ethnique et sexuelle).

Pourquoi les professionnels de la santé doivent-ils être au courant du développement de l’identité, de l’acculturation et de l’intégration sociale?

L’adaptation, l’acculturation et le développement de l’identité sont des processus complexes qui influent sur l’intégration des jeunes néo-canadiens.

« Je me sens déchiré entre l’anglais et l’arabe. Il m’arrive de m’ennuyer tellement de l’arabe. J’ai l’impression qu’il y a une lutte dans ma tête… si je veux m’améliorer en anglais, il faudrait que j’arrête de parler arabe et vice-versa. À l’école ou au Canada, il n’a pas d’endroit où je peux favoriser les deux. »

Source : Rapport Fresh Voices

Pendant qu’il développe son identité ethnique ou culturelle, le jeune s’identifie à un groupe culturel et s’y reconnaît. C’est l’un des éléments de l’acculturation, qui décrit les changements à la culture d’un groupe ou à la psychologie individuelle en réponse à un nouvel environnement ou à d’autres facteurs. Ces concepts s’appliquent à tous les immigrants et sont approfondis dans le module Adaptation et acculturation du présent site Web. Des enjeux importants liés aux adolescents immigrants sont exposés ci-dessous.

L’adolescence est une période cruciale et mouvementée du développement de l’identité et du comportement, au cours de laquelle s’établissent les profils d’adaptation, de régulation affective et de comportements liés à la santé.5,11 Chez les adolescents immigrants, le développement de l’identité est compliqué par les questions d’acculturation, de racisme, de discrimination et de marginalisation sociale,12,13 ainsi que par le manque de reconnaissance accordé à la vie avant l’immigration ou aux expériences vécues.14

Les adolescents immigrants font face à des difficultés particulières :12,13,15

Questions d’appartenance (« Qui suis-je? », « Où est ma place? »)
Création de relations positives avec les camarades (un important facteur de protection).

« La plupart de mes amis viennent d’autres pays. Avec eux, je ne me sens pas jugé. »

« Je socialise avec des membres de ma culture pour éviter les stéréotypes, liés au terrorisme, par exemple. »

Les jeunes déclarent se faire dire des choses comme : « Tu devrais retourner dans ton pays. » ou « Ils devraient de déporter. »

Source : Rapport Fresh Voices

Valeurs et systèmes de croyances conflictuels (entre la culture d’origine et la culture canadienne ou avec l’une de ces cultures).16,17

Intimidation ou racisme, qui peut créer un sentiment d’aliénation,13,18 répercussions des expériences d’immigration et d’établissement. Un exposé détaillé dépasse la portée du présent module, mais il convient de souligner que le concept et l’utilisation de termes comme « acculturation » et « intégration » sont controversés.19,20 Le rôle des déterminants sociaux de la santé est de plus en plus établi. Il explique la santé et les comportements des immigrants par leur situation sociale et structurelle (plutôt qu’individuelle ou culturelle).21

Berry définit l’acculturation comme le vaste processus de changements et d’adaptations psychologiques sur le plan des attitudes, des identités et des comportements sociaux en réaction au contact interculturel et à la vie dans un nouvel environnement.16 Les publications sur l’acculturation et la santé sont complexes. Une acculturation limitée peut à la fois assurer une protection (l’« effet de l’immigrant en santé ») et constituer un risque22,23 pour les comportements liés à la santé des adolescents.

Dans le modèle multidimensionnel de Berry,16,24 il y a quatre stratégies d’acculturation (voir Adaptation et acculturation). La stratégie qu’adopte un adolescent peut dépendre du degré d’affiliation (ou de rejet) de sa culture originale et de sa nouvelle culture.13,16 Selon certaines données probantes, les adolescents immigrants ayant un profil d’« intégration », c’est-à-dire une affiliation tant avec leur culture d’origine qu’avec leur culture d’accueil, ont un fonctionnement psychologique et adaptatif optimal.16,24,25 D’après d’autres études, les personnes qui ont un profil d’acculturation et de développement de l’identité contradictoire, confus ou incohérent (« diffus ») ont le fonctionnement le plus troublé.16

Les adolescents immigrants arrivés au Canada avant l’âge de dix ans semblaient les mieux en mesure d’adopter une identité canadienne plutôt que de continuer de se percevoir comme des étrangers.26

Par rapport à leurs homologues de première ou de seconde génération, les adolescents immigrants de la « génération 1,5 » (c’est-à-dire qu’ils sont arrivés au milieu de l’enfance) semblaient vivre des difficultés d’acculturation et d’acquisition de leur identité.10

Les attitudes de la société envers les immigrants, les groupes ethnoculturels et les minorités visibles influent sur le développement de l’identité. Certains jeunes trouvent difficile d’acquérir un sentiment d’appartenance au Canada en raison du racisme et de la discrimination.13,26 La discrimination que ressentent les familles de nouveaux arrivants s’associe à un taux plus élevé de problèmes affectifs chez les enfants et les jeunes adolescents.27

Des questions que peuvent se poser les professionnels de la santé pour contribuer à évaluer l’acculturation, de même que d’autre information sur les mesures à prendre par la suite, figurent dans le module Les adolescents immigrants, partie 2 : des conseils aux cliniciens.

Le rôle des déterminants sociaux sur la santé des adolescents immigrants

« Mes parents n’arrivent pas à trouver un bon emploi. Ils doivent tous les deux travailler de longues heures pour un petit salaire dans un emploi qui ne correspond pas à leurs compétences. Pour cette raison, c’est difficile de passer du temps en famille. Ma petite sœur est surprise quand on mange ensemble. »

« Nous n’avions rien quand nous sommes arrivés au Canada. Nous vivions dans un très petit appartement, dans un quartier malfamé. Mes parents ont dû travailler au salaire minimum pour payer le loyer et nous soutenir. »

Source : Rapport Fresh Voices

La santé des adolescents est fortement influencée par de plus vastes déterminants sociaux, comme la communauté, la pauvreté familiale, l’inégalité des revenus, l’accès à l’éducation et à l’emploi et la sécurité et le soutien qu’offrent les familles, les écoles et les camarades.28

Une proportion beaucoup plus importante d’adolescents immigrants est aux prises avec des problèmes sociaux qui peuvent nuire à leur santé que d’enfants non immigrants. Ces jeunes sont davantage exposés à la pauvreté, à des logements insalubres, à l’insécurité alimentaire, à l’exclusion sociale, à des environnements néfastes pour leur santé ou non sécuritaires et à des obstacles pour accéder aux soins de santé : 29,30

  • D’après les données du recensement de 2006, le faible revenu de la famille de jeunes qui ont immigrés récemment était plus de trois fois plus élevé que celui des jeunes nés au Canada (46 % par rapport à 16 %).3
  • Les adolescents immigrants déclarent ressentir un immense stress à l’égard des problèmes d’emploi qu’affrontent leurs parents au Canada.3
  • En 2010, le taux de chômage des jeunes immigrants (de 15 à 24 ans) était plus élevé que celui de leurs homologues nés au Canada : 19 % par rapport à 14 %.31

Les facteurs de risque et les facteurs protecteurs liés à la santé des adolescents immigrants

De nombreuses publications démontrent que les premières expériences négatives vécues pendant l’enfance, telles que la violence, la négligence, la pauvreté chronique, la dysfonction familiale, les maladies chroniques, la toxicomanie ou les maladies mentales accroissent les risques de piètre santé mentale, de problèmes scolaires, de délinquance, de consommation de substances psychoactives et de comportements malsains chez les jeunes. Pourtant, il est possible d’en modérer considérablement les effets délétères par des facteurs protecteurs internes et externes.32-34

D’autres facteurs ont une influence importante sur la santé des adolescents immigrants, tels que les conditions avant la migration, les raisons de la migration familiale les traumatismes liés à la migration et les détails de l’établissement et de l’intégration au Canada. Les cliniciens devraient s’informer de ces facteurs et les évaluer conjointement avec les facteurs de risque et les facteurs protecteurs qui touchent tous les adolescents. Les points à envisager sont résumés au tableau 1.

Tableau 1 : Les influences de l’immigration sur la santé des adolescents
Facteur Preuve
Âge à la migration Les immigrants qui sont arrivés lorsqu’ils étaient tout-petits (avant l’âge de six ans) peuvent être plus vulnérables à des troubles de l’humeur et à des troubles anxieux que les immigrants qui sont arrivés à 18 ans ou plus.35
Identité culturelle et personnelle L’exploration de l’identité culturelle ou ethnique est une dimension essentielle de l’acculturation. Elle est souvent plus intense chez l’adolescent immigrant. Une crise d’identité ethnique ou culturelle peut surgir lorsqu’un jeune qui est arrivé récemment au Canada affronte l’incertitude et les difficultés pendant le processus au cours duquel il décide de s’identifier fortement, ou pas du tout, à diverses identités ethniques (également décrites par le terme marginalisation). Ce phénomène peut avoir des résultats néfastes sur la santé.36
Famille Une famille unie et attentive peut être protectrice, mais de mauvaises relations familiales ou des conditions de logement particulières (comme la vie en famille d’accueil) peuvent être un facteur de risque de problèmes de santé mentale (p. ex., idéation suicidaire).37-39 (Voir également La santé des adolescents immigrants, partie 2 : conseils pour les cliniciens.)
Expériences avant et pendant la migration Les expériences négatives avant ou pendant la migration, qui diffèrent énormément selon les jeunes, peuvent s’associer à une piètre santé mentale.12,13,26
Statut de réfugié Le statut de réfugié peut être un facteur de risque de piètre santé mentale, tel qu’un syndrome de stress post-traumatique (SSPT).13,26
Discrimination et exclusion sociale La marginalisation et la discrimination sont des facteurs de risque de comportements mésadaptés et de mauvaise adaptation, tandis qu’une affiliation avec les deux cultures, soit la culture d’origine et la culture d’accueil, constituent un facteur de protection. Pour en savoir plus, voir La santé des adolescents immigrants, partie 2 : conseils pour les cliniciens.
Réussite du secondaire Le taux de décrochage des jeunes immigrants est légèrement plus faible que celui des jeunes canadiens (6,2 % par rapport à 9,1 %, respectivement, en 2009-2010). Cette différence est peut-être partiellement attribuable à la valeur importante que de nombreux jeunes et parents immigrants accordent à l’éducation, ainsi qu’à la forte concentration d’immigrants dans les grandes villes, où les taux de décrochage sont généralement plus faibles que dans les collectivités plus petites.40 Les adolescents immigrants qui arrivent au Canada avant l’âge de neuf ans sont considérablement plus susceptibles de réussir leur secondaire que ceux qui arrivent lorsqu’ils sont plus âgés. Le taux de décrochage chez les jeunes immigrants qui arrivent après l’âge de 13 ans se situe entre 20 % et 25 %.41
Activités parascolaires La participation à des activités parascolaires significatives peut être protectrice pour les adolescents immigrants, car la mobilisation favorise l’estime de soi.38
Statut générationnel Les adolescents immigrants de première génération sont plus vulnérables à des symptômes affectifs et à une détresse psychologique.42,43 Les adolescents immigrants de deuxième génération et des générations ultérieures sont plus vulnérables à des comportements à haut risque pour la santé, y compris la consommation de substances psychoactives et la délinquance, par rapport à leurs camarades immigrants de première génération.43
 

Références

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Éditeurs scientifiques

Carla Hilario, RN, MSN, PhD Candidate
Dzung Vo, MD
Kevin Pottie, MD

Mise à jour : novembre 2016

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