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auprès des familles immigrantes et réfugiées

L’adoption internationale : favoriser l’attachement entre les parents adoptifs et leur enfant

Faits saillants

  • Toutes les adoptions internationales sont des adoptions d’enfants « ayant des besoins particuliers ».
  • L’éducation des parents et les conseils préventifs sont essentiels.
  • L’attachement entre un enfant qui vient d’être adopté et ses parents adoptifs peut exiger de quelques mois à plus d’un an, compte tenu des facteurs de risque avant l’adoption et de l’engagement des parents. De l’information sur les facteurs de risque avant l’adoption proposée dans le présent site Web.

La transition des enfants qui viennent d’être adoptés

L’arrivée longtemps anticipée d’un nouvel enfant est une période très émotive pour les parents. La rencontre a souvent lieu dans un contexte de voyage sur de longues distances, de décalage horaire, de fatigue et de changements de culture et de climat. Cependant, un enfant ne partage pas la même anticipation que les nouveaux parents. Naturellement, il peut pleurer la perte des personnes et des lieux familiaux et être effrayé par des personnes qui sont souvent d’une autre race et ne parlent pas sa langue maternelle. S’ils se préparent, les parents peuvent faciliter cette transition émotive et contribuer à soulager la pression que subissent toutes les personnes en cause.

L’enfant qui vient d’être adopté peut présenter les comportements suivants pendant la transition :1,2

  • Affiche une extrême passivité, ou semble « se fermer ».
  • Est très actif ou hypervigilant.
  • Pleure de manière excessive ou désespérée pour exprimer son deuil.
  • Présente une alimentation, un sommeil et des habitudes péristaltiques perturbantes ou désordonnées.
  • Se balance, se frappe la tête, se tire ou s’entortille les cheveux, se regarde les mains. Ce sont là des comportements stéréotypés associés aux orphelinats.
  • Tend les bras vers d’autres personnes ou cherche les anciennes personnes qui s’occupaient de lui.
  • Évite les contacts visuels, s’arc-boute lorsqu’on le prend ou résiste aux contacts étroits avec les parents.

Encourager l’attachement

L’attachement décrit les relations durables qui se forment au fil du temps et que ressentent les membres d’une famille.3 Il se distingue par les sentiments d’affection et la sécurité affective qui persistent malgré le temps et la distance. En général, l’attachement des nourrissons et des jeunes enfants adoptés progresse pendant les premières semaines et les premiers mois qu’ils passent avec leur nouvelle famille. Les progrès des enfants plus âgés sont plus lents. De toute évidence, les enfants font le deuil de leur famille biologique, de leur maison, de leur pays, de leur langue et de leur culture.

Conseils pour faciliter l’attachement pendant la transition dans une nouvelle maison1

  • Les parents, et non une autre famille ou des amis, devraient répondre à tous les besoins quotidiens de l’enfant (p. ex., le faire manger, le changer, le consoler).
  • Éviter que de multiples personnes s’occupent de l’enfant (ne pas promouvoir des amitiés inconsidérées).
  • Favoriser les contacts physiques (p. ex., porter le nourrisson, lui faire un massage après le bain à l’aide d’un hydratant non parfumé ou lui masser les pieds en appliquant une pression ferme ou profonde).
  • Encourager le contact peau contre peau (en prenant le bain ou en allant nager avec l’enfant, en empilant les mains les unes sur les autres, en faisant de la peinture à doigts ou en partageant de la lotion pour les mains, en jouant ensemble avec de la crème fouettée, des gâteaux de boue ou tout médium qu’on peut manipuler ensemble).
  • Offrir des soins affectueux, une routine et une structure très stricts.
  • Adopter des pratiques parentales comme si l’enfant était plus jeune que son âge.
  • Maintenir un contact visuel pendant le biberon.
  • Parler et chanter au bébé ou au tout-petit. Parler à l’enfant pendant les soins.
  • Jouer à coucou ou à se taper dans les mains peut faciliter les premières interactions. Passer aux jeux d’eau, à la danse sous la pluie, aux jeux de sable. Éviter la surstimulation : l’enfant qui vient d’être adopté est en carence sensorielle et peut ressentir une surcharge vite et facilement.
  • Limiter les problèmes de sommeil (p. ex., un enfant aura besoin de faire du cododo [de partager sa chambre] ou d’avoir un parent près de lui pendant la nuit jusqu’à ce qu’il se sente plus en sécurité).
  • Limiter le nombre de visiteurs pendant les huit premières semaines à la maison.
  • Éviter de regarder la télévision pendant les premiers mois suivant l’adoption : privilégier la lecture et les activités ensemble.
  • Contenir les émotions négatives (p. ex., l’anxiété, la colère) pour les transmettre le moins possible à l’enfant et pour éviter qu’elles aient des répercussions sur lui.
  • Raconter leur histoire aux enfants adoptés, en commençant depuis le début.
  • Fabriquer un « coffret-souvenir » spécial pour y déposer les objets et les documents du passé de l’enfant.
  • Former l’attachement dans un milieu structuré : créer des habitudes empathiques, protectrices et prévisibles.

La Société canadienne de pédiatrie fournit des renseignements aux parents sur l'attachement.

Quelques ressources

Ressources virtuelles, documents et autres lectures sur l’adoption internationale.

Références

  1. Chambers J. Preadoption opportunities for pediatric providers. Pediatr Clin North Am 2005;52(5):1247-69.
  2. Miller LC. The Handbook of International Adoption Medicine: A Guide for Physicians, Parents, and Providers. New York, NY: Oxford University Press, 2005.
  3. Gray DD. Attaching in Adoption: Practical Tools for Today’s Parents. Philadelphia, PA: Jessica Kingsley Publishers, 2012.

Éditeurs scientifiques

  • Cecilia Baxter, MD

Mise à jour : avril 2014

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