Guide pour les professionnels de la santé œuvrant
auprès des familles immigrantes et réfugiées

L’adoption internationale : aider les parents à se préparer au voyage

Faits saillants

  • Toutes les adoptions internationales sont des adoptions d’enfants « ayant des besoins particuliers ».
  • L’éducation des parents et les conseils préventifs sont essentiels.
  • Les parents doivent mettre leur propre carnet de vaccination à jour et recevoir des conseils sur les risques de maladie et les précautions à prendre avant de voyager afin de se protéger contre les maladies évitables par la vaccination et d’autres maladies endémiques.

L’information médicale contextuelle

Il arrive que des nouveaux renseignements sur l’enfant qu’on prévoit adopter à l’étranger soient disponibles lorsque les parents arrivent dans la région. Certaines familles peuvent rencontrer la personne qui s’est occupée de l’enfant, le directeur de l’orphelinat ou, dans certains cas, la famille biologique, comme cela peut arriver en Haïti ou en Éthiopie. Les parents peuvent recevoir une liste de renseignements importants, y compris des antécédents médicaux plus détaillés, conformément aux recommandations suivantes de l’American Academy of Pediatrics.1 Précisez toutefois aux futurs parents qu’il est probablement impossible d’obtenir toute l’information demandée.

Les antécédents médicaux

  • Dans la mesure du possible, il faut obtenir le dossier de naissance, particulièrement si l’enfant a moins de six ans, y compris :
    • les résultats des tests prénatals de sang et d’urine de la mère biologique
    • l’exposition aux médicaments, aux substances illégales, à l’alcool, au tabac
    • l’âge gestationnel, le poids, la taille et la circonférence crânienne à la naissance, les indices d’Apgar
    • les inquiétudes prénatales, les complications néonatales
    • les résultats du dépistage des troubles de l’audition chez le nouveau-né
    • les résultats du dépistage des troubles métaboliques chez le nouveau-né
  • Les points antérieurs sur la courbe de croissance, y compris la circonférence crânienne
  • Les antécédents de violence physique et sexuelle ou de négligence
  • La raison du placement en adoption :
    • Le retrait volontaire ou involontaire des droits parentaux
  • Les antécédents nutritionnels, notamment à l’égard du fer, du calcium, de la vitamine D, de l’iode et des autres éléments nutritifs
    • L’évaluation des habitudes alimentaires
    • La répugnance à manger des aliments texturés
    • Les antécédents d’exercice
  • Les étapes du développement, passés et présents
  • Les problèmes de comportement, notamment à l’égard de la socialisation, des amitiés inconsidérées
  • Les résultats des tests de laboratoire, les études radiographiques, les autres études
  • Les vaccins*
    • Les dossiers scolaires peuvent suffire, notamment chez les enfants plus âgés
    • Il faut vérifier les dossiers originaux et le moment de leur administration avec les titres d’anticorps
    • Les enfants qui n’ont pas de dossier ou dont les dossiers ne semblent ni être des originaux ni être précis devraient être vaccinés de nouveau
  • Les résultats (si on les connaît) des tests antérieurs de dépistage de la tuberculose, y compris le traitement
  • Les diagnostics médicaux chroniques
  • Les allergies (p. ex., aux médicaments, aux aliments, à l’environnement, au latex, aux piqûres d’insectes)
  • Les médicaments (utilisés pour des besoins aigus ou chroniques)
  • Les rapports des spécialistes, si l’enfant en a vu
    • Envisager de faire traduire les dossiers d’autres pays
  • Les antécédents familiaux (s’ils sont disponibles)
    • Les troubles de vision ou d’audition
    • Les maladies génétiques
    • Les inquiétudes liées à l’ethnie (p. ex., drépanocytose, thalassémie, maladie de Tay Sachs, intolérance au lactose)
    • Les diagnostics liés à la santé mentale
  • Les facteurs de risque de l’environnement
    • Les risques d’exposition au plomb
    • L’institutionnalisation
      • La raison et le moment du placement, s’ils sont connus
      • Si on les connaît, l’heure des repas et du sommeil et les environnements dans lesquels ils se produisaient
    • Les risques de violence physique, affective et sexuelle antérieure
      • Logement insalubre, changements multiples de résidence
      • Utilisation de substances illégales ou d’alcool par les membres de la famille ou la violence conjugale
    • L’exposition passive au tabac, aux méthamphétamines, aux autres substances illicites au domicile
    • D’autres toxines environnementales, à la fois au domicile et dans la communauté avoisinante
  • Le nombre de placements antérieurs et la qualité des soins

Remarques :

  • Les enfants adoptés à l’étranger peuvent avoir des troubles neurologiques, hématologiques, cardiaques et métaboliques qui ont été surdiagnostiqués, sous-diagnostiqués ou négligés.
  • Les dossiers médicaux d’autres pays (s’ils sont disponibles) peuvent être incomplets, inexacts ou même falsifiés.
  • Dans le cas des enfants nés au Canada ou aux États-Unis, des problèmes de confidentialité peuvent s’associer à l’obtention des dossiers, surtout si le nom de l’enfant a été modifié au moment de l’adoption. Dans tous les cas, les médecins doivent collaborer avec les familles et les agents d’adoption pour obtenir des dossiers médicaux complets, tout en respectant rigoureusement les lois en matière de confidentialité des renseignements médicaux.

Source : Veronnie F. Jones, comité de la petite enfance, de l’adoption et des soins aux personnes à charge de l’American Academy of Pediatrics. Comprehensive health evaluation of the newly adopted child. Pediatrics 2012;129(1):e214-23.

* Ce module contient plus d’information sur la vaccination des enfants et adolescents néo-canadiens.

La santé des parents

La plupart des futurs parents ont besoin de voyager pour rencontrer leur enfant. Les adoptions coréennes et taïwanaises sont des situations exceptionnelles, de même que les catastrophes internationales comme le tremblement de terre de 2010 en Haïti. Certaines familles se déplacent seulement une fois dans le cadre d’une brève visite qui inclut des événements culturels, comme en Chine. D’autres demeurent à l’étranger pendant plusieurs semaines, ou même des mois (c’est courant dans le cas des adoptions en Russie et en Ukraine) ou doivent se déplacer plus d’une fois pour voir l’enfant et finaliser l’adoption (p. ex., en Éthiopie).

Fait important, les parents doivent se préoccuper de leur propre santé. Incitez les futures familles à se rendre dans une clinique des voyages pour faire mettre leur carnet de vaccination à jour et pour éliminer le risque de transmission de maladies comme la rougeole, l’hépatite A et l’hépatite B. Il y a eu des signalements d’éclosions de rougeole chez les nouveaux membres de la famille et les proches contacts d’enfants adoptés en Chine.2,3 On a également découvert des cas d’hépatite A chez des enfants qui venaient d’être adoptés en Éthiopie, au Panama et aux Philippines et chez leurs contacts, y compris ceux qui étaient sur place et les contacts de contacts.4,5 Le risque de transmission de l’hépatite A est élevé dans tout pays où il est difficile d’avoir accès à de l’eau potable. Les recommandations relatives à la vaccination des familles d’enfants adoptés à l’étranger incluent désormais l’hépatite A pour les proches contacts dans les 60 jours suivant l’arrivée du nouvel enfant.6,7

Il existe des recommandations écrites, en anglais, sur la vaccination des familles d’enfants adoptés à l’étranger 8 et dans Internet, par pays.

Des suggestions d’autres lectures figurent à la rubrique intitulée Quelques ressources.

Les fournitures médicales avec lesquelles voyager

Les futurs parents devraient apporter des fournitures lorsqu’ils vont rencontrer un enfant. La liste suivante est adaptée de la déclaration du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages sur l’adoption internationale :10

  • Antihistaminique
  • Antipyrétique
  • Crème antifongique pour les fesses
  • Désinfectant pour les mains
  • Écran solaire
  • Gelée de pétrole ou Vaseline
  • Hydratant non parfumé
  • Insectifuge contenant du DEET
  • Lingettes antibactériennes
  • Moustiquaires
  • Onguent antibiotique
  • Oxyde de zinc ou crème protectrice pour les fesses
  • Pansements adhésifs
  • Scabicide
  • Solution orale de réhydratation
  • Substituts du lait (avec et sans lactose)
  • Tampons à l’alcool
  • Thermomètre
  • Vaporisateur nasal

L’Association canadienne de protection médicale n’appuie pas la prescription de médicament(s) avant qu’un enfant soit vu et examiné au Canada. Elle conseille aux parents de prendre contact avec l’ambassade ou le consulat canadien le plus près pour obtenir des conseils au sujet des ressources médicales locales.11

Quelques ressources

  • Howard CR, Chandy CJ. International travel with infants and children. In: Centers for Disease Control and Prevention, 2014. Yellow Book wwwnc.cdc.gov/travel/yellowbook/2014/chapter-7-international-travel-infants-children/international-adoption
  • Ressources virtuelles, documents et autres lectures sur l’adoption internationale.

Références

  1. Jones VF, comité de la petite enfance de l’adoption et des soins aux personnes à charge de l’American Academy of Pediatrics Committee. Comprehensive health evaluation of the newly adopted child. Pediatrics 2012;129(1):e214-23.
  2. Centers for Disease Control and Prevention. Measles outbreak among internationally adopted children arriving in the United States, February-March 2001. JAMA 2003;289(4):417-8.
  3. Centers for Disease Control and Prevention. Multistate investigation of measles among adoptees from China. United States 2004. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2004;53(14):309-10. Update;53(15):323-4.
  4. Fischer GE, Teshale EH, Miller C et coll. Hepatitis A among international adoptees and their contacts. Clin Infect Dis 2008; 47(6):812-4.
  5. Sweet K, Sutherland W, Ehresmann K et coll. Hepatitis A infection in recent international adoptees and their contacts in Minnesota, 2007-2009. Pediatrics 2011;128(2):e333-8.
  6. Centers for Disease Control and Prevention. Updated recommendations from the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP) for use of hepatitis A vaccine in close contacts of newly arriving international adoptees. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2009; 58(36):1006-7.
  7. American Academy of Pediatrics, comité des maladies infectieuses. Recommendations for administering hepatitis A vaccine to contacts of international adoptees. Pediatrics 2011;128(4): 803-4.
  8. Chen LH, Barnett ED, Wilson ME. Preventing infectious disease during and after international adoption. Ann Intern Med 2003;139(5 Pt 1):371-8.
  9. Centers for Disease Control and Prevention. Travelers’ health: Vaccines, medicine, advice. wwwnc.cdc.gov/travel
  10. Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Déclaration concernant l’adoption internationale. Vol. 36; DCC-15 (décembre 2010).www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccdr-rmtc/10vol36/acs-15/index-fra.php#a10
  11. L’Association canadienne de protection médicale, décembre 2012. Les adoptions internationales – Aide aux parents et gestion des risques. Ottawa: W12-009-F. www.cmpa-acpm.ca/cmpapd04/docs/resource_files/web_sheets/2012/com_w12_009-f.cfm

Éditeurs scientifiques

  • Cecilia Baxter, MD

Mise à jour : décembre 2013

http://www.enfantsneocanadiens.ca/health-promotion/adoption-travel
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