Guide pour les professionnels de la santé œuvrant
auprès des familles immigrantes et réfugiées

L’acquisition du langage chez les enfants immigrants et réfugiés : l’utilisation de la langue maternelle et le bilinguisme

Faits saillants

  • L’acquisition du langage est le plus grand prédicteur de la réussite de l’enfant à l’école et dans la vie. Le dépistage précoce des troubles de la parole et du langage et des interventions rapides pour les traiter sont des aspects essentiels des soins. 
  • Les parents nouvellement arrivés au Canada assurent la stimulation optimale de leur enfant et appuient leur identité culturelle en parlant leur langue maternelle. Ils sont de meilleurs modèles pour leurs enfants lorsqu’ils utilisent la langue qu’ils maîtrisent le mieux.
  • Les enfants qui maîtrisent bien les bases de leur langue maternelle apprendront une langue seconde plus facilement. L’apprentissage d’une langue seconde se fait à tout âge. 
  • Les enfants apprennent mieux de personnes qui maîtrisent bien une langue. Il est préférable de bien apprendre une seule langue que d’entendre deux langues mal parlées et de mal les apprendre. 
  • Idéalement, l’enfant doit profiter d’une exposition fréquente et continue à sa langue maternelle ou à de multiples langues (dans le cas du bilinguisme), idéalement dans sa famille et auprès des personnes qui s’occupent de lui, pour en assurer le développement optimal.
  • L’exposition à deux langues dès un jeune âge ne cause pas de retard de langage ni n’y contribue. 
  • Il faut orienter l’enfant ayant des troubles du langage vers des services locaux d’orthophonie, surtout s’il n’atteint pas les principales étapes de la communication aux moments prévus dans sa langue dominante ou dans les deux langues.

 

L’utilisation de la langue maternelle et le bilinguisme

La langue maternelle est la première langue enseignée à un enfant ou la langue qu’il apprend dès la naissance, avant l’âge de trois ans. C’est généralement la langue qu’entend l’enfant à la maison et qu’utilisent ses parents pour communiquer au quotidien.

De récentes recherches en pédiatrie appuient l’importance de la langue maternelle pour développer la parole et le langage chez les enfants d’âge préscolaire. Ces enfants qui acquièrent des compétences solides dans leur langue maternelle ont plus de facilité à apprendre une langue seconde et obtiennent de meilleurs résultats scolaires en lecture et en écriture.1,2

Au Canada, la plupart des parents immigrants et réfugiés peuvent élever un enfant bilingue. Ils peuvent juger important de transmettre leur langue et leur culture, mais ils peuvent avoir des doutes et des questions quant à l’utilisation de leur langue maternelle ou aux répercussions de l’apprentissage de plus d’une langue.

Les pédiatres, les médecins de première ligne et les autres professionnels de la santé des enfants sont les mieux placés pour soutenir les familles, en recommandant aux parents de parler la langue maternelle à la maison et en proposant des stratégies pour favoriser le bilinguisme.

D’après les données à jour, de 10 % à 19 % des enfants d’âge préscolaire ont un trouble de la parole ou du langage.3,4 Leur dépistage précoce et une intervention rapide peuvent favoriser l’attachement et les interactions entre le parent et son enfant,5,6 améliorer le développement global de l’enfant sur le plan de la communication7 et accroître le développement du cerveau.

Lorsque l’enfant présente les premiers signes de retard de la parole et du langage, les familles cherchent souvent le soutien de leur pédiatre, de leur médecin de première ligne ou d’autres professionnels de la santé.

Tous les enfants apprennent une langue : l’importance de la langue maternelle

Les recherches récentes ont clairement établi l’importance de l’utilisation de la langue maternelle pour l’acquisition de la parole et du langage chez l’enfant d’âge préscolaire.

Pour ce qui est des enfants qui apprennent deux langues, les recherches appuient les observations suivantes :

  1. Il est important et pertinent que les parents parlent à leurs enfants dans leur langue maternelle.
  2. Les enfants d’âge préscolaire qui maîtrisent les bases de leur langue maternelle ont plus de facilité à apprendre une langue seconde.
  3. Les enfants d’âge préscolaire qui ont de solides compétences dans leur langue maternelle obtiennent de meilleurs résultats scolaires en lecture et en écriture.1,9

Il faut encourager les parents à utiliser leur langue maternelle pour parler à leur enfant. Ils ne devraient pas se sentir obligés de parler une langue seconde par crainte de nuire au développement du langage de leur enfant, à sa réussite à l’école ou à son intégration à la société canadienne. Lorsqu’ils parlent dans leur langue maternelle, ils offrent les meilleurs modèles à leur enfant sur le plan de la langue. En effet, ils leur enseignent un vocabulaire riche et diversifié, des structures grammaticales pertinentes et des échanges fluides, naturels et faciles dans le cadre des activités quotidiennes.1,9,10

Quand les parents devraient-ils introduire une langue seconde?

La langue seconde désigne souvent une langue apprise après l’âge de trois ans. Elle est généralement inculquée après l’apprentissage de la langue maternelle. Pour la plupart des enfants issus de l’adoption internationale, la langue seconde est apprise à compter de l’adoption et devient la langue dominante.

L’apprentissage d’une langue seconde se fait à tout âge, dans divers environnements (à la maison, à la garderie, à l’école). Contrairement à la croyance populaire, le bilinguisme ne suscite pas la confusion ni ne nuit au développement du langage chez le tout-petit.

Les recherches actuelles démontrent que les bébés ont la capacité innée d’apprendre plus d’une langue. Partout dans le monde, de jeunes enfants apprennent à parler deux langues sans problème. Les recherches démontrent également qu’il est préférable d’apprendre plus tôt!1,9

Les enfants bilingues atteignent les mêmes étapes de la communication que les enfants unilingues, dans la plupart des secteurs (p. ex., d’abord en babillant, en enrichissant leur vocabulaire, puis en combinant les mots pour former des phrases, etc.). Même s’il est courant qu’un enfant bilingue possède moins de mots dans chaque langue évaluée séparément, ce n’est pas le cas lorsqu’on évalue les vocabulaires combinés des deux langues. En fait, la richesse du vocabulaire « conceptuel » de l’enfant bilingue est similaire à celle d’un enfant unilingue.

La méthode optimale consiste à ce que l’enfant apprenne de personnes qui parlent bien la langue. Il peut également être essentiel qu’il apprenne sa langue maternelle ou les deux langues pour préserver son identité sociale et culturelle au sein de sa famille et de sa communauté.

Considérations pratiques à transmettre aux parents1,2,8,9

  • Parlez votre langue maternelle avec votre enfant. Les enfants apprennent mieux des personnes qui maîtrisent bien la langue.
  • Lorsque les enfants maîtrisent les bases de leur langue maternelle, ils apprennent la langue seconde plus facilement.
  • Les enfants ayant de solides compétences linguistiques obtiennent de meilleurs résultats scolaires en lecture et en écriture.

Le bilinguisme simultané ou séquentiel : que faire?

Le bilinguisme simultané – Les enfants qui apprennent deux langues dès la naissance ou peu après la naissance sont des apprenants simultanés. Ils apprennent deux systèmes linguistiques qui interagissent l’un avec l’autre. L’exposition à deux langues ne provoque pas de retard de langage. Idéalement, une exposition égale à chaque langue dès le départ favorise le bilinguisme simultané. Dans une maison bilingue, il peut toutefois être difficile d’offrir une exposition égale aux deux langues. Une langue devient parfois plus dominante que l’autre.

Bilinguisme simultané Apprentissage conjoint de deux langues à compter de la naissance ou avant trois ans.

Bilinguisme séquentiel Apprentissage d’une langue seconde après l’âge de trois ans.

Il faut rappeler aux dispensateurs de soins de première ligne que les enfants qui apprennent deux langues simultanément devraient atteindre les premières étapes de la communication (p. ex., les premiers mots à 12 mois, les phrases de deux mots à deux ans) environ en même temps que les enfants unilingues.

Le bilinguisme séquentiel – Les enfants qui acquièrent une langue seconde après avoir appris la première sont considérés comme des apprenants séquentiels ou des apprenants d’une langue seconde. Ils ont tendance à passer par quatre étapes dans l’apprentissage de la langue seconde :

  1. L’enfant utilise sa langue maternelle dans l’environnement de la langue seconde, même si personne ne parle la langue maternelle (p. ex., Camille dit « milk » pour demander du « lait » à sa garderie francophone).
  2. L’enfant arrête d’utiliser sa langue maternelle dans son nouvel environnement (environnement de la langue seconde) et passe par une période « silencieuse » qui dure de trois à six mois. Pour acquérir les compétences linguistiques de la langue seconde, l’enfant arrêtera d’utiliser sa langue maternelle dans son nouvel environnement. Il continuera d’avoir des interactions sociales avec ses camarades et les adultes. À la maison, il continuera d’enrichir sa langue maternelle (p. ex., Malik arrête d’utiliser des mots arabes à sa garderie francophone. Lorsqu’il joue ou qu’il communique avec ses amis ou avec les adultes, il utilise des gestes. À la maison, il continue de parler arabe).
  3. L’enfant commence à utiliser la langue seconde de manière télégraphique par imitation ou lors des activités d’apprentissage « par cœur » (p. ex., compter, nommer des couleurs, des objets ou des images), dans des expressions mémorisées (p. ex. « Je ne sais pas », « Qu’est-ce que c’est? ») ou en reliant les mots dans de courtes phrases. L’enfant n’utilise pas immédiatement des phrases bien construites sur le plan grammatical.
  4. L’enfant fait une utilisation productive de la langue seconde : L’enfant commence à construire des phrases spontanément, mais peut avoir un accent, mal prononcer des mots ou faire des erreurs grammaticales.

Un enfant qui apprend une langue seconde n’aura pas nécessairement les mêmes habiletés linguistiques (utilisation de la grammaire, vocabulaire, structure des phrases) que ses camarades unilingues. Les habiletés et les compétences linguistiques s’enrichissent à force d’exposition et de pratique. Les premières compétences linguistiques s’acquièrent rapidement, dans les six mois à deux ans suivant l’exposition à la langue seconde. Cependant, il peut falloir de cinq à sept ans pour qu’un bilingue séquentiel obtienne, dans sa langue seconde, des compétences linguistiques orales similaires à celles d’un enfant unilingue. Chez les apprenants d’une langue seconde, il faut s’inquiéter si l’enfant n’atteint pas les premières étapes de la communication dans sa langue maternelle.1,2,10,11

Quelles sont les caractéristiques normales d’un enfant qui apprend deux langues?

Langue dominante
Même si l’enfant apprend deux langues, l’une est utilisée plus souvent et est mieux maîtrisée. C’est la langue que l’enfant utilise spontanément, pour laquelle il possède le vocabulaire le plus riche, avec laquelle il fait des phrases plus longues et fait le moins de pauses.

  • Langue dominante : Une langue devient dominante parce que l’exposition de l’enfant à chaque langue et sa capacité de s’y exercer ne sont pas équivalentes dans la vie quotidienne.
  • Mélange des langues : L’enfant utilise des mots des deux langues dans la même phrase pour remplacer ceux qu’il ne connaît pas.
  • Erreurs grammaticales : L’enfant fait des erreurs jusqu’à ce qu’il assimile les règles de la nouvelle langue.
  • Perte de la langue maternelle : Tandis que la langue seconde commence à prévaloir, l’enfant peut perdre ses compétences dans sa langue maternelle. Cette perte peut nuire à sa relation avec ses parents, qui ont l’impression de ne plus pouvoir communiquer pleinement avec lui et de voir l’identité culturelle de leur enfant s’éroder.1,2,9-11

Considérations pratiques à transmettre aux parents

  • Pour devenir bilingue, l’enfant doit avoir des contacts répétés et fréquents avec des personnes qui parlent bien chacune des langues. Il existe plusieurs moyens d’y parvenir : 1,2,10-12
  • Une approche un parent – une langue  : Chaque parent s’adresse à l’enfant dans une langue différente.
  • Une approche un lieu – une langue : Une langue est parlée à la maison (la langue maternelle) et l’autre est parlée à la garderie ou à l’école pendant la journée.
  • Une approche une activité – une langue : Une langue est parlée pendant une activité donnée (p. ex., la langue maternelle à l’heure du bain) et l’autre, pendant une autre activité (p. ex., la langue seconde au souper). Une langue est utilisée à la maison, mais l’autre, pendant les jeux extérieurs ou une activité communautaire (la langue seconde est utilisée à la bibliothèque pendant l’heure du conte).

Le bilinguisme et les retards de langage

Rien ne démontre que l’exposition à deux langues provoque un retard de langage. En fait, les recherches démontrent les avantages sociaux et cognitifs liés à l’apprentissage de deux langues. Les enfants qui apprennent deux langues connaissent les différences entre les deux, même aux premières étapes de développement du bilinguisme, et ils utiliseront chaque langue séparément selon leur interlocuteur, ou même auprès d’un étranger.1,9,11

Les enfants bilingues deviennent des communicateurs plus efficaces dans leur langue maternelle, acquièrent un vocabulaire plus riche, améliorent leurs capacité d’écoute, ont une meilleure mémoire, ont une plus grande flexibilité cognitive et démontrent de meilleures capacités de résolution de problèmes et d’activités intellectuelles.13-15

Que faire lorsqu’un enfant présente un retard de la parole ou du langage?

Les recherches scientifiques révèlent que les enfants qui présentent un retard ou un trouble de la parole ou du langage ne prendront pas plus de retard s’ils entendent ou apprennent deux langues. Les professionnels peuvent s’attendre à observer les mêmes problèmes de la parole et du langage dans les deux langues.

Il n’y a pas de preuves scientifiques qui démontrent qu’en limitant à une seule langue un enfant qui a un retard de langage, on l’aidera dans son apprentissage de la langue ou on évitera un retard. En fait, en exposant l’enfant à une seule langue, on peut nuire aux interactions de l’enfant avec les autres membres de sa famille ou de sa communauté ou restreindre ces interactions. Les recherches sur le développement de la petite enfance révèlent qu’il est impératif de commencer tôt, de renforcer les parents dans leur décision et de faire participer les enfants à des activités axées sur la langue et la littératie.

Considérations pratiques à transmettre aux parents1,2,9,11

  • En présence d’un retard de la communication, rassurer les parents en leur précisant que le bilinguisme n’est PAS une cause de retard ou de confusion.
  • Un enfant qui apprend simultanément deux langues et qui a un retard de la communication aura un retard dans les deux langues. Il faut s’attendre au même type et à la même gravité d’erreurs que chez les enfants unilingues qui ont des troubles du langage.
  • Un enfant qui est bilingue séquentiel et qui a un retard de la communication présentera le même retard dans sa langue maternelle.

Le rôle du dispensateur de soins de première ligne lors du bilan de santé habituel

La langue joue un rôle essentiel dans l’attachement avec les membres de la famille et dans la formation d’une solide identité culturelle. Les familles peuvent s’informer auprès de leur pédiatre, de leur médecin de première ligne et d’autres professionnels de la santé de l’utilisation de la langue maternelle et du bilinguisme.

Les professionnels de la santé de première ligne et les autres professionnels de la santé devraient évaluer le développement du langage de l’enfant dans le cadre de la surveillance générale de son développement.

Lorsqu’ils évaluent un enfant dans sa langue maternelle ou un enfant bilingue, les dispensateurs de soins peuvent utiliser les étapes de développement et les outils pédiatriques conçus pour les enfants unilingues, tels que le Nippissing, le Relevé postnatal Rourke ou d’autres outils décrits dans le module intitulé Le développement de l’enfant : enjeux et évaluation.

Le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario propose également des dépliants sur les étapes d’acquisition de la parole et du langage, en 16 langues.

Sommaire des principaux points d’apprentissage

Déterminer quelle est la langue maternelle de l’enfant ou la langue utilisée à la maison 

  • Demandez au parent :
    • quelle est la langue maternelle de l’enfant ou celle qu’il parle à la maison.
    • quelles autres langues l’enfant utilise à la maison. 
    • à quel point il est exposé à chaque langue (fréquence, pourcentage, environnement).
  • Évaluez la langue dominante (demandez aux parents si l’enfant utilise une langue plus souvent que l’autre).
  • Pour apprendre à parler, un enfant doit bien entendre. Assurez-vous qu’il a une audition normale (faites un test de dépistage des troubles de l’audition).

Déterminer les compétences dans la langue maternelle ou dans les deux langues

Même si VOUS NE PARLEZ PAS la même langue : 

  • Déterminez si l’enfant semble présenter un retard dans sa langue maternelle à l’aide des outils de dépistage en pédiatrie.
  • Informez-vous des compétences linguistiques réceptives et expressives dans les deux langues qu’utilise l’enfant.
  • Déterminez les prédicteurs de problèmes de communication sociale ou de retard du développement.
  • Parlez aux parents de l’importance que leur enfant conserve sa langue maternelle pour ses futurs résultats scolaires et des risques liés à la perte de la langue maternelle.
  • Rassurez les parents en leur expliquant que le comportement de leur enfant et son usage de la langue (p. ex., période de silence dans la langue seconde, mélange des langues, erreurs grammaticales) sont normales chez un enfant qui apprend deux langues. 

Informer les parents si on craint un retard de langage

  • Ne présumez jamais que le retard de langage est causé par l’exposition à deux langues.
  • Rassurez les parents en leur expliquant que l’exposition à deux langues ne cause ni n’empire le retard. Les enfants qui ont un trouble de langage peuvent devenir bilingues. 
  • En cas de bilinguisme simultané, si l’enfant présente vraiment un retard, vous l’observerez dans les deux langues. Attendez-vous au même type et à la même gravité d’erreurs que chez des enfants unilingues qui ont un trouble du langage.
  • En cas de bilinguisme séquentiel, si l’enfant présente vraiment un retard ou un trouble de la communication, vous l’observerez dans sa langue maternelle. Il faut du temps pour apprendre une langue seconde. Certains enfants qui apprennent une langue seconde semblent avoir un retard par rapport à leurs camarades, mais il faut tenir compte de la durée d’exposition à la langue seconde.
  • Si un enfant bilingue n’atteint pas les principales étapes de la communication dans sa langue maternelle, dans sa langue dominante ou dans les deux langues (s’il apprend deux langues simultanément), orientez l’enfant vers des services d’orthophonie locaux. 
  • Ne recommandez jamais aux parents de limiter l’exposition de leur enfant bilingue à une seule langue, même après un diagnostic de trouble du langage.
  • D’ordinaire, les orthophonistes évaluent les habiletés de l’enfant dans sa langue maternelle, avec l’aide d’un interprète culturel. Le traitement est souvent offert dans la langue maternelle de l’enfant, avec l’aide des parents et d’un interprète culturel. 

Proposer des stratégies supplémentaires aux parents

  • Lisez souvent à votre enfant dans votre langue maternelle. Utilisez des livres d’images ou racontez des histoires que vous avez apprises dans votre langue maternelle pendant votre enfance. Vous aiderez votre enfant à développer ses habiletés d’écoute, de réflexion, de langage et de lecture. 
  • La télévision ne suffit pas pour aider votre enfant à apprendre une langue seconde. Les parents doivent fournir de nombreuses occasions de l’utiliser dans divers contextes (à la maison, à la garderie, au parc, pendant les activités quotidiennes). Un enfant doit entendre et parler les deux langues pour devenir un utilisateur compétent. 
  • Jouez avec votre enfant dans votre langue maternelle. Par le jeu, votre enfant acquiert des compétences linguistiques : quand il se cherche un camarade de jeu, qu’il respecte des règles, qu’il négocie, qu’il attend son tour, qu’il collabore et accepte un résultat. Toutes ces habiletés le font communiquer. 
  • Chantez des chansons dans votre langue maternelle. Prenez le temps d’expliquer les nouveaux mots ou d’expliquer le sens d’une chanson traditionnelle. 

Quelques ressources

  1. Centre de ressources Meilleur départ. Grandir dans un nouveau pays – Un guide pour les parents nouveaux arrivants. Toronto, Ont.: Meilleur départ, 2010.
    Ce manuel contient de nombreuses stratégies pour aider les dispensateurs de soins qui travaillent avec des familles de nouveaux arrivants ayant des enfants de 0 à 6 ans. Des renseignements généraux et des listes de ressources, de programmes et d’activités sont également proposés.
  2. Genesee F. Early Dual Language Learning. Zero to Three 2008;17-23.
  3. Paradis J, Genesee F, Brago MB. Dual Language Development and Disorders: A Handbook on Bilingualism and Second Language Learning, 2e éd. Baltimore, MD: Paul H. Brookes Publishing, 2011.
  4. Premiers mots – Programme de services de rééducation de la parole et du langage
  5. Information multilingue virtuelle du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario sur les étapes et les stratégies de développement de la parole et du langage.
  6. Hold On to Your Home Language L’école d’éducation de la petite enfance de l’université Ryerson a élaboré ce site Web pour faire connaître l’importance de conserver sa langue maternelle.

Références

  1. Paradis J, Genesee F, Brago MB. Dual Language Development and Disorders: A Handbook on Bilingualism and Second Language Learning, 2e éd. Baltimore, MD: Paul H. Brookes Publishing, 2011.
  2. Thomas WP, Collier V. School effectiveness for language minority students. NCBE Resource Collection Series, No. 9. Washington, D.C.: National Clearinghouse for Bilingual Education, 1997.
  3. Beitchman JH, Nair R, Clegg M et coll. Prevalence of speech and language disorders in 5-year-old kindergarten children in the Ottawa-Carleton region. J Speech Hear Disord 1986; 51(2):98-110.
  4. Nelson HD, Nygren P, Walker M et coll. Screening for speech and language delay in preschool children: Systematic evidence review for the US Preventive Services Task Force. Pediatrics 2006;117(2):e298-319.
  5. MacDonald J. Becoming partners with children. San Antonio, TX: Special Press, 1989.
  6. Wilcox M. Enhancing initial communication skills in young children with developmental disabilities through partner programming. Seminars in Speech and Language 1992;13:3194-212.
  7. Barnett W, Escobar C. Economic costs and benefits of early intervention. In: Meisels SJ, Shonkoff JP (éd.), Handbook of Early Childhood Intervention. New York, NY: Cambridge University Press, 1990.
  8. Florida Starting Points. Maximizing Florida’s brain power: We need to use it or lose it. Carnegie Corporation and the United Way of Florida; Success by Six, 1997.
  9. Cummins J. Bilingualism and minority language children. Toronto, Ont.: Ontario Institute for Studies in Education, 1981.
  10. Cummins J. Language, Power and Pedagogy: Bilingual Children in the Crossfire. Clevedon, U.K.: Multilingual Matters, 2000.
  11. Goldstein BA. Clinical implications of research on language development and disorders in bilingual children. Lang Disord 2006;26(4):305-21.
  12. Watson C, Cummins J. One language or two? Helping families from other cultures decide on how to talk to their language-delayed child. Hanen Centre: WigWag, 1995.
  13. Barac R, Bialystok E. Cognitive development of bilingual children. Language Teaching (Cambridge UP) 2011 44(1)1:36-54.
  14. Kempert S, Hardy I, Saalbach H, Hardy I. Cognitive benefits and costs of bilingualism in elementary school students: The case of mathematical word problems. J Educational Psychology 2011;103(3): 547-61.
  15. Yang S, Yang H, Lust B. Early childhood bilingualism leads to advances in executive attention: Dissociating culture and language. Bilingualism: Language and cognition (Cambridge UP) 2011;14(3):412-22. 

Éditeurs scientifiques

  • Roxane Bélanger, M.Sc.SLP, reg. CASLPO

Mise à jour : juillet 2014

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