Guide pour les professionnels de la santé œuvrant
auprès des familles immigrantes et réfugiées

Les maladies des voyageurs

Faits saillants

  • Les maladies des voyageurs représentent un important problème de santé publique chez les enfants et les adolescents.
  • Environ la moitié des voyageurs internationaux sont des personnes qui rendent visite à des amis et à des parents (les voyageurs « VAP ») à l’étranger. Une forte proportion de ces voyageurs est composée d’enfants et d’adolescents.
  • Les voyageurs pédiatriques VAP incluent non seulement des enfants et adolescents immigrants, mais également des enfants nés au Canada de parents immigrants.
  • Les voyageurs pédiatriques VAP représentent un nombre disproportionné d’hospitalisations liées au voyage. Ils sont également moins susceptibles d’avoir obtenu des conseils médicaux avant leur départ.
  • Une récente étude du Programme canadien de surveillance pédiatrique confirme que la fièvre entérique et le paludisme sont les principales maladies des voyageurs observées chez les enfants et les adolescents et que la plupart des cas sont évitables.1
  • Si des familles immigrantes fréquentent votre pratique, demandez-leur si elles prévoient voyager.
  • Les parents de voyageurs pédiatriques VAP ont besoin de conseils sur l’importance de demander de l’information probante avant de voyager, tant pour leurs enfants que pour eux.
  • N’oubliez pas que l’information sur les risques liés aux voyages change régulièrement. Les cliniciens ne devraient pas hésiter à consulter des spécialistes de la médecine des voyages ou à aiguiller les familles vers de tels spécialistes.

De nombreuses familles immigrantes voyagent dans leur pays d’origine. Elles se rendent ainsi vulnérables à des maladies auxquelles elles n’auraient peut-être pas été exposées au Canada.

Voici un aperçu des Canadiens qui voyagent à l’étranger :

  • Environ 7,4 millions de Canadiens font des voyages internationaux chaque année.2
  • Environ 300 000 de ces voyageurs internationaux sont des enfants.2
  • Environ trois millions de voyageurs internationaux canadiens rendent visite à des amis et à des parents à l’étranger chaque année, dont environ 100 000 enfants. On les appelle les « voyageurs VAP ».3
  • Les « voyageurs pédiatriques VAP » désignent non seulement les enfants immigrants, mais également les enfants nés au Canada de parents immigrants.

Si des familles immigrantes fréquentent votre pratique, demandez-leur si elles prévoient voyager. Pour obtenir des conseils sur les soins à offrir avant un voyage consultez les rubriques suivantes :

Les maladies chez les voyageurs pédiatriques VAP

Qui sont les voyageurs VAP?

Les personnes qui rendent visite à des amis et à des parents à l’étranger (les voyageurs « VAP ») représentent environ 40 % des voyageurs internationaux en partance du Canada. Une forte proportion de ces voyageurs est composée d’enfants et d’adolescents.3 Les voyageurs pédiatriques VAP peuvent être nés à l’étranger ou être nés au Canada de parents provenant d’autres pays.

Les familles VAP :

  • ont tendance à faire de fréquents voyages entre le Canada et leur pays d’origine.
  • sont plus susceptibles de voyager pendant des périodes plus longues et de se rendre dans des régions rurales.
  • sont moins susceptibles d’avoir demandé des soins et des conseils avant leur voyage que les autres familles qui voyagent à l’étranger.

Les voyageurs pédiatriques VAP représentent un nombre disproportionné d’hospitalisations liées aux voyages à leur retour au Canada.3 Il est donc important de s’assurer qu’ils obtiennent de bons conseils et des soins préventifs avant leur départ.

Les infections des voyageurs

Un certain nombre d’études révèle que les voyageurs pédiatriques VAP risquent davantage de contracter des infections importantes, mais évitables, pendant leur voyage.1,4,5

Une grande étude4 auprès d’enfants de retour d’un voyage international a démontré ce qui suit :

  • Les enfants et les adolescents étaient plus susceptibles que les adultes de rendre visite à des amis et à des parents à l’étranger. Les enfants plus jeunes étaient plus susceptibles d’être des voyageurs VAP que les enfants plus âgés.
  • Les enfants VAP sont moins susceptibles que d’autres voyageurs pédiatriques d’avoir reçu des conseils avant leur voyage. Environ la moitié de tous les voyageurs pédiatriques et le tiers des voyageurs pédiatriques VAP ont reçu des conseils médicaux avant leur voyage. Ces différences peuvent s’expliquer comme suit :
  • Les enfants VAP étaient plus susceptibles que les adultes VAP d’être malades après un voyage (17 % par rapport à 10 %).
  • Chez les voyageurs pédiatriques, les voyageurs VAP étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir une maladie fébrile à leur retour que les autres voyageurs (rapport de risque rajusté de 2,68 sur 1,86).

L’étude a également confirmé le risque élevé de maladie fébrile chez tous les voyageurs pédiatriques (VAP et autres) de retour d’Afrique subsaharienne.

Chez les voyageurs malades, les voyageurs VAP sont plus susceptibles d’avoir une maladie grave potentiellement évitable que les voyageurs non VAP.5

Une étude du Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) sur les maladies des voyageurs chez les enfants a confirmé les résultats d’autres études :1

  • Plus de 70 % des voyageurs pédiatriques VAP atteints d’une maladie devaient être hospitalisés, pendant une moyenne de 12 jours.
  • En moyenne, ils voyageaient pendant 7,5 semaines, surtout dans des régions urbaines.
  • Les deux maladies des voyageurs les plus courantes étaient la fièvre entérique (typhoïde) et le paludisme, suivies de l’hépatite A, de la dengue, de la tuberculose, de la rougeole, de la brucellose, de la bactériémie à Salmonella non typhique et de diverses infections parasitaires. On relevait également des diagnostics syndromiques, tels que la diarrhée abondante, les infections respiratoires et les infections urinaires causées par des organismes multirésistants aux médicaments.
  • Moins de la moitié des familles recevait des conseils avant le voyage.
  • La plupart des maladies étaient évitables.

La santé et la sécurité en voyage : prévenir les maladies à l’étranger

La vaccination

Aucun calendrier de vaccination ne convient à l’ensemble des voyageurs. Les cliniciens doivent personnaliser le calendrier selon chaque patient, en tenant compte des facteurs suivants :6

  • Âge
  • Antécédents de vaccination
  • Problèmes médicaux actuels
  • Pays qui seront visités
  • Durée et nature du voyage (p. ex., en milieu rural ou urbain)
  • Exigences juridiques pour entrer dans un pays
  • Délai avant le départ (idéalement, les voyageurs devraient être vus six mois avant leur départ)

Plusieurs organisations fournissent de l’information à jour sur les précautions et les risques en matière de santé dans certains pays. Vous trouverez une liste d’hyperliens dans le présent guide.

La vaccination des voyageurs peut être systématique, recommandée ou exigée.

  • La vaccination systématique des enfants et des adolescents est financée par les programmes de santé des provinces et des territoires. Prenez contact avec votre office régional de la santé pour obtenir de l’information à jour à ce sujet.
  • Les vaccins recommandés aux voyageurs doivent être adaptés en fonction de chacun d’eux, de la nature et de la durée du voyage.
  • Les vaccins exigés sont obligatoires en vertu d’une législation internationale ou sont nécessaires pour obtenir un visa.

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) a préparé une déclaration relative aux jeunes voyageurs (2010)7 qui contient de l’information sur la vaccination avant les voyages.

La préparation avant le voyage

Puisque les vaccins ne préviennent pas toutes les maladies et qu’il n’en existe pas contre toutes les maladies des voyageurs, ceux-ci devraient prendre d’autres mesures préventives pour demeurer en santé.

Le Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) de l’ASPC propose plusieurs déclarations et recommandations sur la santé des voyageurs, y compris des mesures préventives destinées aux enfants et aux adolescents.7,8 Ces lignes directrices sont résumées ci-dessous.

Lorsqu’ils voyagent avec des enfants, les parents devraient toujours transporter avec eux une solution de réhydratation orale (afin de prévenir la déshydratation causée par la diarrhée) et des médicaments antidiarrhéiques (afin de traiter la diarrhée du voyageur). Pour certaines destinations, les antipaludiques s’imposent. L’ASPC fournit de l’information utile sur ce qu’il faut inclure dans une trousse de produits de santé pour le voyage. Quant à la SCP, elle propose un document sur la déshydratation et la diarrhée.

Les mesures préventives pour les voyageurs pédiatriques7,8

Les mesures de protection individuelle contre les infections transmises par les insectes (p. ex., paludisme, dengue, fièvre jaune, encéphalite japonaise) :

  • Le comportement (p. ex., demeurer à l’intérieur lorsque les insectes sont actifs)
  • Les obstacles physiques (p. ex., vêtements adaptés, moustiquaires autour du lit)
  • Les obstacles chimiques (p. ex., insectifuges, insecticides)
  • La chimioprophylaxie contre le paludisme

Pour prévenir les infections entériques :

Pour prévenir les infections respiratoires :

Il est possible d’obtenir de l’information au sujet de la tuberculose dans le présent site Web et dans celui de l’Agence de la santé publique du Canada.

D’autres problèmes ou risques auxquels il faut se préparer :

Souvenirs d’Afrique

Une famille composée de deux adultes et de deux enfants va en Afrique de l'Est pour rendre visite à des parents pendant les vacances d’été. Les parents demandent l’avis de leur médecin, qui n’a pas l’habitude de donner des conseils avant les voyages. Avant de partir, ils ne reçoivent que le vaccin contre l’hépatite A. Ils auraient également dû se faire administrer un vaccin contre la typhoïde. Même si le médecin avait prescrit une prophylaxie antipaludique aux parents, il leur avait dit que les enfants n’en avaient pas besoin. Pendant leur voyage, les parents ont manqué d’antipaludiques. À leur retour au Canada, ils n’avaient donc pas terminé le traitement prescrit.

Faits saillants

  • Les parents de voyageurs pédiatriques VAP ont besoin de conseils sur l’importance de demander de l’information fondée sur des données probantes avant de voyager, tant pour leurs enfants que pour eux.
  • Les coûts et la langue peuvent représenter des obstacles pratiques à l’obtention de soins avant de partir en voyage. Les dispensateurs de soins devraient s’efforcer de déterminer et de contourner les obstacles à des soins pertinents.
  • Les professionnels de la santé devraient soutenir des programmes communautaires respectueux de la culture dans les écoles, les centres communautaires, les églises, les clubs sportifs et les organismes de ce genre pour sensibiliser les familles VAP et réduire les obstacles aux soins.4,9
  • Rappel : L’information sur les risques liés aux voyages change régulièrement. Les cliniciens ne devraient pas hésiter à consulter des spécialistes de la médecine des voyages ou à aiguiller les familles vers de tels spécialistes.

Quelques ressources

  • Australian Government, Department of Health and Aging. Vaccination for international travel (sect.3.2). In: The Australian Immunisation Handbook,10 e éd., 2013.
  • Société canadienne de pédiatrie, comité de la pédiatrie communautaire, 2007. Les voyages en avion et la santé des enfants.
  • Programme canadien de surveillance pédiatrique. Vous allez à l’étranger avec votre enfant? [Affiche]
  • Centers for Disease Control and Prevention. The Yellow Book: CDC Health Information for International Travel, 2012. Atlanta, GA: CDC, 2012.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Travelers’ Health fournit de l’information, en anglais, fondée sur des études scientifiques, la surveillance de maladies et les pratiques exemplaires au sujet des vaccins, des médicaments et des autres mesures nécessaires pour prévenir les maladies et les blessures pendant des voyages internationaux.
  • Keystone JS, Kozarsky PE, Freedman DO, Nothdurft HD, Connor BA, éd. Travel Medicine, 2e éd. Philadelphie, PA: Mosby Elsevier, 2008.
  • Agence de la santé publique du Canada. Immunisation des voyageurs. Voir également la zone La santé des voyageurs pour obtenir des avis, des nouvelles et des mises à jour axés sur des destinations et des maladies données, ainsi que le site du Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV) pour obtenir des déclarations et des recommandations à l’intention des professionnels de la santé qui s’occupent de voyageurs.
  • Organisation mondiale de la santé. Voyages internationaux et santé, édition 2012. Consultez cette page pour obtenir de l’information à jour pour les voyageurs, des cartes (en anglais) affichant la répartition des maladies et des liens vers d’autres ressources de santé internationale.

Autres ouvrages consultés

Références

  1. Crockett M, Ford-Jones L, Grondin D et coll. Maladies des voyageurs chez les enfants et les adolescents qui visitent des amis et des parents à l’étranger. Mars 2009 à février 2011 – rapport définitif. Résultats du PCSP 2011:35.
  2. Crockett M. Canadian children who travel abroad: What are the risks? Paediatr Child Health 2009;14(3):175-6.
  3. Crockett M. Maladies des voyageurs chez les enfants et les adolescents qui visitent des amis et des parents à l’étranger. Protocole d’étude du PSCP, 2011.
  4. Hagmann S, Neugebauer R, Schwartz E et coll.; GeoSentinel Surveillance Network. Illness in children after international travel: Analysis from the GeoSentinel Surveillance Network. Pediatrics 2010;125(5):e1072-80.
  5. Leder K, Tong S, Weld L et coll.; GeoSentinel Surveillance Network. Illness in travelers visiting friends and relatives: A review of the GeoSentinel Surveillance Network. Clin Infect Dis 2006;43(9):1185-93.
  6. Agence de la santé publique du Canada. Guide canadien d’immunisation, édition évolutive.
  7. Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages. Déclaration relative aux jeunes voyageurs. Rel mal trans Can 2010;36(DCC-3, juin 2010):1-31.
  8. Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CCMTMV). Déclaration relative aux mesures de protection individuelle pour prévenir les piqûres ou morsures d’arthropodes Rel mal trans Can 2005;31(DCC-4, 15 mai 2005):1-20.]
  9. Stäger K, Legros F, Krause G et coll. Imported malaria in children in industrialized countries, 1992-2002. Emerg Infect Dis 2009;15(2):185-91.

Droits d’auteur © 2013 - Société canadienne de pédiatrie

 

Éditeurs scientifiques

  • Danielle Grenier, MD
  • Julie Bailon-Poujol, MD

Mise à jour : août 2014

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