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Guide pour les professionnels de la santé œuvrant auprès des familles immigrantes et réfugiées

L’obésité chez les enfants et les adolescents immigrants

Faits saillants

  • L'immigration peut augmenter le risque de surpoids et d'obésité, en particulier chez les familles ayant un statut socio-économique moins élevé;
  • Des facteurs sociaux, économiques, ethniques et culturels peuvent influencer le risque de surpoids et d'obésité chez les enfants et les adolescents nouvellement arrivés au Canada;
  • Certaines populations ethniques sont plus exposées aux conséquences médicales de l'obésité que d'autres ayant un indice de masse corporelle (IMC) identique ou inférieur. Les courbes de croissance de l'IMC de l'OMS, adaptées à l'âge et au sexe, constituent les meilleurs outils pour surveiller la croissance des enfants, y compris les enfants et les jeunes nouvellement arrivés au Canada;
  • Dans le cadre des soins de routine, les cliniciens devraient conseiller leurs patients sur la manière de prévenir le surpoids et l'obésité en adoptant une alimentation saine, en pratiquant une activité physique régulière, en réduisant le temps passé devant les écrans et en adoptant de saines habitudes de sommeil;
  • Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour étayer les recommandations fondées sur des preuves visant à prévenir et traiter l'obésité chez les enfants et les jeunes nouvellement arrivés.

Introduction

L'obésité infantile constitue une crise de santé publique à l'échelle mondiale. Au Canada, la prévalence de l'obésité chez les enfants a considérablement augmenté au cours des dernières décennies. En 2025, l'Enquête canadienne sur les mesures de la santé a indiqué, en se basant sur des données recueillies entre 2022 et 2024, que, parmi les enfants et les adolescents âgés de 5 à 17 ans, 19 % étaient considérés comme étant en surpoids et 11 % comme étant obèses.

Définition du surpoids et de l'obésité:

  • Selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants et adolescents d'âge scolaire âgés de 5 à 19 ans sont considérés comme en surpoids si leur poids se situe à un écart-type au-dessus de l'indice de masse corporelle (IMC) correspondant à leur âge et à leur sexe (68e percentile), et comme obèses si leur poids se situe à deux écarts-types au-dessus de l'IMC correspondant à leur âge et à leur sexe (95e percentile);
  • Les courbes de croissance de l'OMS pour le Canada ont été élaborées par le Groupe canadien d'endocrinologie pédiatrique, Les diététistes du Canada, la Société canadienne de pédiatrie, Le Collège des médecins de famille du Canada et les Infirmières et infirmiers en santé communautaire du Canada afin de surveiller la croissance des nourrissons et des enfants dans le cadre des soins de santé publique et des soins de première ligne;
  • Ce tableau, qui accompagne Les courbes de croissance de l'OMS pour le Canada, fournit les critères de référence recommandés pour déterminer le surpoids et l'obésité, par tranche d'âge (de la naissance à 2 ans; de 2 à 5 ans; de 5 à 19 ans). Les seuils de référence pour les mesures anthropométriques ont pour but de fournir des indications en vue d'une évaluation plus approfondie, d'une orientation vers un spécialiste ou d'une intervention, et ne doivent pas être utilisés comme critères diagnostiques. Il est important de toujours tenir compte des tendances longitudinales de croissance.

Facteurs de risque liés à l'obésité

Plusieurs facteurs de risque contribuent au développement de l'obésité infantile. Les facteurs de risque modifiables au cours des premières années de la vie comprennent[1]-[5] :

  • L’IMC maternel élevé avant la grossesse;
  • La prise de poids excessive pendant la grossesse;
  • Le diabète gestationnel;
  • L’exposition au tabac in utero;
  • Le poids élevé à la naissance et prise de poids rapide du nourrisson;
  • Absence ou insuffisance d'allaitement maternel;
  • L’introduction très précoce d'aliments solides;
  • Les habitudes alimentaires et le régime alimentaire, un lien mère-enfant insuffisant, le sommeil réduit du nourrisson et le statut socio-économique défavorable.

Facteurs de risque spécifiques aux enfants et aux adolescents nouvellement arrivés

Les facteurs de risque qui semblent prédisposer les enfants et les jeunes nouvellement arrivés au surpoids et à l'obésité comprennent :

  • L'acculturation et le temps écoulé depuis l'immigration;
  • La prédisposition génétique;
  • Les normes culturelles,
  • Le statut socio-économique et l'insécurité alimentaire.

Acculturation et durée depuis l'immigration

Bien que les enfants d'immigrants de première génération semblent présenter un risque d'obésité moins élevé que les enfants nés dans le pays d'accueil, ce risque semble augmenter avec l'acculturation et le temps passé au Canada6]. Il est essentiel que les prestataires de soins de santé se concentrent dès le début sur la détection et la prévention de l'obésité. Selon certaines études, le biculturalisme (le fait d'être engagé à la fois dans la culture d'origine et dans la nouvelle société) semble prévenir l'obésité, par rapport à une acculturation complète dans la nouvelle culture[7].

Prédisposition génétique

Selon Obesity Canada, environ 70 % du risque d'obésité d'une personne est déterminé par la génétique. L’hérédité de l'obésité influence l'hypothalamus et ses molécules de signalisation, qui jouent un rôle central dans la coordination de l'équilibre énergétique et de l'homéostasie. L'épigénétique peut contribuer à l'obésité lorsqu'elle est associée à un environnement favorisant l'obésité[8].

Normes culturelles

Les normes culturelles du pays d'origine d'un enfant peuvent influencer le risque d'obésité après l'immigration[9]. Par exemple, en Afrique subsaharienne, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, une corpulence plus importante peut être considérée comme un indicateur du statut social, de la santé et de la réussite, tandis que la minceur est souvent associée à la pauvreté et à une mauvaise santé [10]. La consommation d'aliments frits et de boissons gazeuses peut être considérée comme un signe de richesse, tandis qu'un régime à base de fruits et légumes est moins attrayant. Certains aspects du régime alimentaire occidental (riche en gras et en glucides) sont adoptés dans le monde entier, ce qui explique en partie la pandémie d'obésité qui touche même les pays en développement[11].

Statut socio-économique et insécurité alimentaire

Dans les pays riches en ressources, le surpoids et l'obésité sont clairement associés à un statut socio-économique (SSE) moins élevé. Plusieurs raisons ont été avancées[12]:

  • Le manque de ressources financières, l'absence de moyens de transport et les horaires de travail irréguliers des parents peuvent limiter la capacité d'un enfant à participer à des activités parascolaires, la capacité d'une famille à participer à des activités communautaires ou à accéder à des aliments nutritifs et à les préparer;
  • Les enfants vivant dans des communautés à faible revenu sont plus susceptibles d'avoir un accès limité à des aliments sains, à des espaces de jeux extérieurs sécuritaires ou à des installations récréatives. Ils peuvent passer plus de temps à l'intérieur, sédentaires, à faire des activités sur écran;
  • Les aliments riches en calories et pauvres en nutriments (tels que la restauration rapide) sont souvent moins chers que les choix plus sains. Les familles nouvellement arrivées vivent souvent dans des zones géographiques où l'accès à des aliments sains à des prix raisonnables est limité.

Au début du processus d'intégration, les familles immigrantes sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les personnes nées au Canada[13]. Le risque de surpoids et d'obésité augmente avec le temps chez les enfants nouvellement arrivés issus de milieux socio-économiques défavorisés et provenant de pays à faible revenu[14]. Cette relation semble être liée à une expérience antérieure d'insécurité alimentaire et au degré d'acculturation des familles aux nouvelles normes à un niveau socio-économique faible (l'expérience de l'insécurité alimentaire peut contribuer à la croyance selon laquelle un poids corporel plus élevé est synonyme de bonne santé)[14]. Les enfants réfugiés sont particulièrement vulnérables, car ils sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté.

Dépistage et évaluation de l'obésité

Les jeunes nouveaux arrivants au Canada devraient être évalués de la même manière que les enfants nés au Canada, en utilisant les percentiles d'IMC pour les enfants âgés de 2 ans et plus, et le rapport poids/taille pour les enfants plus jeunes.

L'OMS a publié en 2010 des indicateurs de croissance standard, avec des courbes de croissance basées sur des enfants de six pays (États-Unis, Norvège, Brésil, Inde, Ghana et Oman) afin de mieux refléter la population mondiale. Les populations d'Asie et du sud-ouest du Pacifique n'étaient toutefois pas représentées. Étant donné qu'un pourcentage important d'immigrants au Canada provient d'Asie, les praticiens pourraient souhaiter examiner plutôt le profil de la courbe de croissance afin d'identifier les tendances à risque. Les praticiens peuvent également consulter les courbes de croissance complémentaires du Groupe canadien d'endocrinologie pédiatrique (CPEG) pour obtenir une vision plus harmonisée des percentiles de croissance de 2 à 19 ans[15].

Bien que le score z de l'IMC soit une mesure fiable et facile à utiliser dans les soins de première ligne, il peut ne pas refléter correctement la masse graisseuse, en particulier pour certaines ethnies. Des seuils spécifiques à chaque ethnie pour l'IMC et le tour de taille sont disponibles pour les adultes, mais pas pour les enfants[6][16]. Lors de l'interprétation de l'IMC, il est important de noter que certaines populations ethniques ont tendance à développer des complications médicales à un IMC inférieur à celui des personnes de type caucasien[17].

Les valeurs seuils et l'utilité clinique du tour de taille chez les enfants ne sont pas clairement établies, et cette mesure n'est pas systématiquement recommandée dans le cadre des soins de première ligne.

Dépistage du diabète, de l'hypertension et de l'hypercholestérolémie

Il n'existe aucune recommandation fondée sur des preuves dans la littérature concernant le dépistage métabolique spécifique aux enfants immigrants et réfugiés. Cependant, les directives canadiennes et américaines actuelles peuvent servir de référence utile pour le dépistage chez les enfants nouvellement arrivés.

Dépistage lipidique : La Société canadienne de pédiatrie recommande un dépistage universel des lipides entre 2 et 10 ans, à l'aide d'un test de cholestérol non-HDL (non HDL-C) à jeun ou non, ou d'un test de LDL-C. En cas d'hypercholestérolémie familiale certaine ou probable, ce dépistage doit être associé à un dépistage en cascade des membres de la famille afin d'identifier d'autres personnes touchées. Un dépistage sélectif à tout moment doit être envisagé pour les enfants présentant des facteurs de risque cardiovasculaire identifiés, des conditions médicales prédisposant à un risque accru ou des antécédents familiaux de maladie cardiovasculaire prématurée ou de dyslipidémie.

Hypertension : Il est recommandé de mesurer la tension artérielle de tous les enfants chaque année, à partir de l'âge de 3 ans. Les seuils de diagnostic de l'hypertension sont disponibles. L'hypertension nécessite une évaluation et une gestion appropriées.

Diabète de type 2 : Les directives 2018 de Diabète Canada(en anglais seulement) recommandent un dépistage tous les deux ans à l'aide d'une combinaison de tests A1C et de glycémie à jeun (FPG) pour les enfants et les adolescents présentant l'un des symptômes suivants :

  1. ≥3 facteurs de risque chez les enfants prépubères à partir de 8 ans ou ≥2 facteurs de risque chez les enfants pubères. Les facteurs de risque comprennent :
    • Obésité (IMC ≥ 95e percentile pour l'âge et le sexe);
    • Appartenance à un groupe à haut risque (p. ex., d'origine africaine, asiatique, hispanique, autochtone, ou sud-asiatique);
    • Parent au premier degré atteint de diabète de type 2 et/ou exposition à l'hyperglycémie in utero;
    • Signes ou symptômes d'insulinorésistance (y compris acanthosis nigricans, hypertension, dyslipidémie, stéatose hépatique non alcoolique [ALT > 3 fois la limite supérieure de la normale ou stéatose hépatique à l'échographie]).
  2. Syndrome des ovaires polykystiques;
  3. Intolérance au glucose à jeun et/ou intolérance au glucose;
  4. Utilisation de médicaments antipsychotiques atypiques.

Pour plus de détails sur ces tests, consultez le site Diabetes Canada (en anglais seulement). Il n'existe pas de dépistage spécifique pour les enfants immigrants et réfugiés.

Dépistage des problèmes de santé mentale

Le surpoids ou l'obésité peuvent affecter la santé mentale, le bien-être et la vie familiale d'un enfant. Une faible estime de soi, le harcèlement, l'insomnie, des problèmes de comportement et la dépression font partie des conséquences courantes de l'obésité.

Les immigrants rencontrent souvent des obstacles pour accéder aux soins de santé mentale en ambulatoire, en partie à cause de la stigmatisation accrue liée aux troubles de santé mentale[18]. Les prestataires de soins de santé doivent être attentifs à ces enjeux, interroger leurs jeunes patients à ce sujet et les mettre en contact, ainsi que leur famille, avec les services nécessaires. Vous trouverez plus d'informations sur la promotion de la santé mentale chez les enfants et les adolescents immigrants et réfugiés dans cette ressource.

Prévention de l’obésité

Le dépistage précoce et la prévention sont des éléments essentiels de la prise en charge de l'obésité. Les mesures préventives spécifiques à l'obésité chez les jeunes immigrants n'ont pas été clairement identifiées. Les recommandations sont les mêmes que pour les enfants nés au Canada, l'accent étant mis sur trois interventions différentes visant à adopter des habitudes de vie saines : améliorer l'alimentation, augmenter l'activité physique, réduire le temps passé devant les écrans et favoriser le sommeil. Le mode de vie 5-2-1-0 propose des directives faciles à suivre : 5 portions ou plus de légumes ou de fruits par jour, 2 heures ou moins d'écran par jour, 1 heure ou plus d'activité physique par jour, 0 boisson sucrée.

Les mesures préventives doivent être mises en œuvre dès le plus jeune âge. L'obésité infantile constitue un facteur de risque important de surpoids et d'obésité à l'adolescence et à l'âge adulte. Une analyse rétrospective a démontré que la prise de poids la plus rapide se produit entre 2 et 6 ans et que 90 % des enfants obèses à l'âge de 3 ans sont en surpoids ou obèses à l'adolescence [19]. L'impact de l'obésité sur l'espérance de vie nécessite également des stratégies de prévention efficaces[20].

Les interventions en amont, telles que l'apprentissage précoce et les structures d'accueil pour enfants, sont essentielles à la prévention de l'obésité. Il est important de connaître les croyances et pratiques culturelles des aidants en matière d'alimentation et d’en tenir compte. Dans un environnement où plusieurs personnes s'occupent de l'enfant, les parents doivent s'efforcer de transmettre des messages cohérents sur l'alimentation et les habitudes de vie saines. Des messages publics, cohérents et clairs, inspirés de stratégies fondées sur des preuves, doivent être communiqués aux aidants à tous les niveaux (parents, prestataires de services de garde, éducateurs de la petite enfance, enseignants, etc.)[4].

Parmi les exemples d'interventions gouvernementales à l'échelle de la population, on peut citer la restriction de la vente de boissons énergisantes aux mineurs, la limitation de la publicité pour la malbouffe, l'obligation d'afficher les calories sur les menus, la taxation des produits sucrés et la promotion de l'activité physique à l'école primaire[21].

Les parents et autres adultes peuvent également adopter des comportements sains et contribuer à inculquer des habitudes de vie saines et durables aux enfants.

Améliorations alimentaires

Les efforts visant à améliorer la qualité et la quantité de l'alimentation des familles de nouveaux arrivants peuvent s'appuyer sur le Guide alimentaire canadien, disponible en plusieurs langues et comprenant des versions qui s’adressent à différentes origines ethniques et culturelles. Pour les nouveaux arrivants, songez à suggérer des adaptations alimentaires qui correspondent à leurs habitudes alimentaires traditionnelles. L'expertise des diététiciens et des interprètes qualifiés peut également être utile.

Les recommandations spécifiques pour les bébés comprennent :

  • Allaitement maternel exclusif jusqu'à l'âge de 6 mois, puis allaitement maternel complété par des aliments complémentaires jusqu'à l'âge de 2 ans et au-delà;
  • Introduction d'aliments complémentaires riches en fer vers l'âge de 4 à 6 mois;
  • Après l'âge de 6 mois :
    • Poursuivre l'allaitement maternel;
    • Limiter les tétées de lait maternisé ou de lait à 450 ml à 600 ml (15 à 20 oz) par jour;
    • Limiter la consommation de jus à 120 ml (4 oz) par jour et privilégier l'eau au jus.

Pour tous les âges :

  • Limiter la quantité de sel et de sucre dans les aliments (le sucre ajouté doit représenter moins de 10 % de l'apport calorique total);
  • Servir des plats préparés à la maison et limiter la consommation de malbouffe;
  • Respecter les variations normales d'appétit sans forcer les enfants à finir leur assiette;
  • Donner des portions de taille appropriée;
  • Ne pas utiliser la nourriture comme punition ou récompense;
  • Prendre les repas ensemble, en famille et entre amis;
  • Éviter de manger devant un écran.

Activité physique

La déclaration de principe de la SCP sur le développement sain de l'enfant grâce au jeu risqué extérieurpropose des stratégies adaptées au développement pour encourager l'activité physique et réduire le temps passé en position assise (en particulier devant un écran) chez les enfants et les adolescents.

Les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures recommandent que les enfants âgés de 5 à 17 ans accumulent au moins 60 minutes par jour d'activité physique modérée à vigoureuse comprenant diverses activités aérobiques. Les activités physiques vigoureuses et les activités de renforcement musculaire et osseux devraient être pratiquées au moins trois jours par semaine.

En examinant le lien entre l'activité physique modérée à intense et les résultats en matière de santé, il n'existe aucune preuve d'une quelconque variation entre les origines ethniques[22]. Les professionnels de la santé peuvent encourager la participation des familles à des activités communautaires ou culturelles (p. ex., la danse traditionnelle) ou à des sports populaires à l'échelle internationale (p. ex., le football). Les activités qui donnent droit à des crédits d'impôt devraient également être encouragées.

Sommeil

L'adoption de saines habitudes de sommeil peut favoriser la prévisibilité et la régularité d’autres routines, telles que les heures de repas. De plus, les enfants et les ados bien reposés auront davantage d'énergie positive à consacrer aux activités physiques. Une durée de sommeil plus courte pendant la petite enfance et l'enfance est associée à un risque plus élevé d'obésité[23]. Les choix alimentaires sont souvent influencés par un sommeil insuffisant et des habitudes quotidiennes irrégulières.

Réduire le temps passé devant les écrans a également un impact sur les habitudes de sommeil, le niveau d'activité physique et, ultimement, le développement du surpoids et de l'obésité. La Société canadienne de pédiatrie a publié des directives sur le temps d’écran et les enfants d’âge préscolaire et les enfants d'âge scolaire et les adolescents.

Gestion de l’obésité

À l'instar de la prévention primaire, la gestion de l'obésité repose sur trois interventions principales : une activité physique régulière, une alimentation saine et un sommeil suffisant.

Une approche centrée sur la famille et un environnement familial favorable sont essentiels pour encourager et renforcer les changements de mode de vie. Les praticiens pourraient envisager le recours à la thérapie familiale et comportementale, accompagnée d'un suivi continu pour les cas plus complexes. Les interventions à composantes multiples (changement de comportement, activité physique, alimentation) ont été associées à une diminution de l'IMC chez les enfants et les adolescents[24]. La coordination avec les programmes de garde d'enfants ou scolaires peut s'avérer utile. La prise en charge des facteurs de stress liés à la santé mentale est souvent un élément clé du traitement global et du soutien aux patients.

Source : Guide de pratique clinique pour la prise en charge de l’obésité chez l’enfant, CMAJ 2025;197:E776-E796 

Différentes options pharmacologiques approuvées par Santé Canada (p. ex., l'Orlistat, le Liraglutide) sont utilisées chez certains adultes dans le cadre du traitement de l'obésité, mais il n'existe pas de recommandations claires concernant leur utilisation chez les enfants prépubères.

Des directives pour la prise en charge de l'obésité infantile (en anglais seulement) ont été publiées au Canada en 2025. Elles comprennent des recommandations pour des interventions comportementales et psychologiques, ainsi que des thérapies et un soutien personnalisés, basés sur une prise de décision partagée entre les prestataires de soins de santé et les familles. Les auteurs des directives notent que, bien que les recommandations visent à tenir compte des sous-groupes (y compris ceux issus de milieux ethniques et culturels divers), la littérature disponible sur l'impact de ces différentes modalités d'intervention sur une série de résultats de santé est limitée.

Ce que les professionnels de la santé peuvent faire

Demander l’opinion des familles concernant l'alimentation, les repas et le poids, afin de mieux comprendre leurs croyances et de les aider à élaborer un plan de prévention ou de traitement. Par exemple :

  • Se renseigner sur le contexte familial. Dans de nombreuses cultures, l'obésité n'est pas considérée comme une maladie. Si la privation était la norme dans leur pays d'origine, les parents pourraient continuer à adopter des pratiques favorisant la prise de poids;
  • Évaluer les connaissances et les croyances des parents en matière de santé et de maladie infantiles en leur demandant quelle est leur vision du système de santé. Cette approche peut fournir des informations précieuses sur les perceptions de l'obésité et d'autres enjeux de santé. Les parents ne sont pas toujours conscients des risques liés à l'obésité ou de l'importance de suivre un traitement. Ils peuvent compter sur le fait que leur enfant «grandira» naturellement et perdra son excès de poids, ou croire que les changements de mode de vie n'auront que peu d'effet;
  • Explorer et évaluer les soutiens sociaux, les rôles et les responsabilités au sein de la famille, ainsi que les perspectives des parents à changer. Les membres de la famille élargie peuvent jouer un rôle important, en particulier s'ils contestent les efforts des parents pour gérer l'alimentation; Songer à poser les questions suivantes : qui s'occupe de l'enfant lorsque les parents ne sont pas là? Qui prépare les repas de l'enfant? Qui vit avec l'enfant?
  • Si la situation s’y prête, poser des questions sur les pratiques alimentaires des nourrissons et l'introduction des premiers aliments complémentaires (quoi et quand);
  • Évaluer la consommation de glucides et de boissons de la famille, ainsi que la qualité nutritionnelle, et évaluez l'acceptabilité des substitutions;
  • Évaluer les attitudes des parents à l'égard de l'alimentation, de l'activité physique, de la taille des enfants, de l'utilisation des écrans et du sommeil.

Lorsqu'ils appliquent une approche sensible à la culture et à la prise de décision partagée, les professionnels de la santé doivent reconnaître leurs propres valeurs et préjugés personnels.

Le modèle LEARN25 (acronyme anglais des mots écouter, expliquer, reconnaître, recommander et négocier) est l’un des cadres permettant de favoriser l'enseignement des soins sécuritaires respectueux des différences culturelles, axé sur l'action et centré sur ce que les prestataires de soins de santé peuvent accomplir :

  • Écouter avec empathie et compréhension la perception qu'a le patient du problème;
  • Expliquer sa propre perception du problème;
  • Reconnaître et discuter des différences et des similitudes;
  • Recommander un traitement;
  • Négocier une entente.

Le risque de surpoids ou d'obésité chez les enfants nouvellement arrivés augmente avec le temps passé dans le nouveau pays, tout comme les conséquences à long terme de ces enjeux, comme le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Un suivi continu et une évaluation régulière sont essentiels.

Ressources sélectionnées

Informations pour les parents

Références

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Réviseuse scientifique

Geoff Ball, PhD, RD

Oluwasayo Olatunde, MD

Mise à jour : février, 2026